Découvrez le secret bien gardé de ce collège historique fondé en 1633 au cœur de Paris, caché dans une cour privée verdoyante

Collège des Trente-Trois - © Pascal-Jean Rebillat

Rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, au cœur du Quartier latin, un large portail de pierre de taille passe presque inaperçu. Derrière lui subsiste le collège des Trente-Trois, fondé en 1633 pour des écoliers sans ressources. Voici ce que l’on sait de lui — et pourquoi on ne le visite pas.

Le collège des Trente-Trois en bref
Faits établis par la notice Mérimée du ministère de la Culture et les sources historiques disponibles.
Où34, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, Paris 5e
Fondation1633, par le père Claude Bernard
ProtectionInscrit au titre des Monuments historiques le 13 novembre 1980 (inscription partielle)
StatutPropriété privée — la cour n’est pas ouverte à la visite
Visible depuis la rueLe portail à refends surmonté d’un fronton arrondi
RéférenceNotice Mérimée PA00088407

Un collège pour écoliers indigents

L’histoire commence avec un homme dont le nom ne dit plus grand-chose aux Parisiens : Claude Bernard, né à Dijon en 1588 et mort à Paris en 1641. Prêtre, contemporain de Vincent de Paul, il consacre sa vie aux pauvres et aux malades au point qu’on le surnomme « le Pauvre Prêtre ». En 1633, il fonde un collège destiné à des enfants sans ressources.

Le principe : offrir à des écoliers indigents une éducation solide, celle qui leur ouvrirait ensuite les études de philosophie et de théologie à l’Université de Paris. La générosité n’était pourtant pas sans contrepartie. Les élèves accueillis entre ces murs s’engageaient à se consacrer par la suite à une carrière ecclésiastique — l’institution est d’ailleurs souvent désignée comme un séminaire.

Pourquoi « Trente-Trois » ?

Le nom du collège n’a rien d’administratif : il compte. À ses débuts, l’établissement n’accueille que cinq écoliers, en référence aux cinq plaies du Christ. L’effectif passe ensuite à douze, pour les douze apôtres. Puis, à partir de 1638, il est porté à trente-trois — le nombre d’années de la vie du Christ. C’est ce dernier chiffre qui donnera au lieu le nom sous lequel on le connaît encore.

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L’installation à l’adresse actuelle est plus tardive que la fondation. C’est en 1654 que le collège s’établit dans un hôtel qui avait appartenu, jusqu’en 1540, à la famille d’Albiac, et qui jouxtait alors le collège des Lombards.

Une architecture inscrite aux Monuments historiques

Ce que l’on voit aujourd’hui n’est plus l’hôtel médiéval mais un ensemble reconstruit au XVIIIe siècle sur son emplacement. Le bâtiment sur rue est l’œuvre de Germain-Éloi Legrand, entre 1737 et 1748 ; le bâtiment des écoliers, plus sobre et dépourvu de décoration, est édifié par Legrand de Charon entre 1740 et 1745. Deux pavillons de style néo-classique complètent la cour : ils sont bâtis sous le Directoire, par l’acquéreur de l’immeuble, et contrastent nettement avec l’austérité du bâtiment scolaire.

La façade sur rue, elle, a gardé son portail à refends surmonté d’un fronton arrondi — le seul élément que l’on puisse réellement observer depuis l’espace public.

ProtectionDateCe qui est protégé
Site inscrit6 août 1975Le site lui-même
Inscription MH (partielle)13 novembre 1980Le portail d’entrée sur rue ; les façades et toitures ; l’escalier avec sa rampe en fer forgé

Le collège des Trente-Trois se visite-t-il ?

Non. C’est le point sur lequel beaucoup de récits « insolites » restent flous, et il mérite d’être dit clairement : la notice officielle du ministère de la Culture classe l’ensemble en propriété privée. La cour, arborée, dessert aujourd’hui des logements. Elle n’est ni un jardin public, ni un monument ouvert, ni un passage.

Ne cherchez pas à entrer
Franchir le porche à la suite d’un habitant, ou emprunter une entrée « officieuse », revient à pénétrer chez des gens. Ce n’est ni légal ni courtois. Le portail, les façades et les toitures — c’est-à-dire l’essentiel de ce qui est protégé — s’observent parfaitement depuis le trottoir de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève.

Si une ouverture exceptionnelle devait avoir lieu (Journées européennes du patrimoine, visite organisée), elle serait annoncée par les organisateurs eux-mêmes : c’est auprès d’eux, et non d’un guide en ligne, qu’il faut vérifier les dates, les horaires et les conditions d’accès. Nous ne publions ici ni horaire ni tarif, faute de source officielle qui en atteste.

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Repères chronologiques

  • 1588 – 1641Vie de Claude Bernard, dit « le Pauvre Prêtre », né à Dijon et mort à Paris.
  • 1633Fondation du collège pour cinq écoliers indigents.
  • 1638L’effectif est porté à trente-trois — le nom du collège est fixé.
  • 1654Installation dans l’ancien hôtel de la famille d’Albiac, contigu au collège des Lombards.
  • 1737 – 1748Construction du bâtiment sur rue par Germain-Éloi Legrand.
  • 1740 – 1745Édification du bâtiment des écoliers par Legrand de Charon.
  • DirectoireAjout des deux pavillons néo-classiques dans la cour.
  • 1975 · 1980Le site est inscrit, puis l’édifice fait l’objet d’une inscription partielle au titre des Monuments historiques.
À retenir
  • Le collège des Trente-Trois existe bel et bien, au 34 rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, dans le 5e arrondissement de Paris.
  • Il a été fondé en 1633 par le père Claude Bernard pour des écoliers sans ressources, d’abord cinq, puis trente-trois à partir de 1638.
  • Les bâtiments visibles datent du XVIIIe siècle ; le portail, les façades, les toitures et l’escalier à rampe en fer forgé sont inscrits aux Monuments historiques depuis 1980.
  • La cour est une propriété privée occupée par des logements : elle ne se visite pas, et il ne faut pas chercher à y entrer.
  • Depuis la rue, le portail à refends et son fronton arrondi se laissent admirer librement — c’est la bonne façon de voir le lieu.

Questions fréquentes

Où se trouve exactement le collège des Trente-Trois ?
Au 34, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, dans le 5e arrondissement de Paris, en haut de la montagne Sainte-Geneviève, au cœur du Quartier latin.
Pourquoi ce collège s’appelle-t-il « des Trente-Trois » ?
Parce que le nombre d’écoliers accueillis a été porté à trente-trois à partir de 1638, en référence aux trente-trois années de la vie du Christ. Ils n’étaient que cinq à la fondation, en 1633, puis douze.
Peut-on entrer dans la cour ?
Non. La notice officielle du ministère de la Culture indique une propriété privée, et la cour dessert aujourd’hui des logements. Elle n’est pas ouverte au public.
Qu’est-ce qui est protégé au titre des Monuments historiques ?
L’inscription du 13 novembre 1980 est partielle : elle porte sur le portail d’entrée sur rue, les façades et les toitures, ainsi que sur l’escalier avec sa rampe en fer forgé. Le site avait été inscrit dès le 6 août 1975.
Qui était Claude Bernard, le fondateur ?
Un prêtre né à Dijon en 1588 et mort à Paris en 1641, surnommé « le Pauvre Prêtre » pour son action auprès des pauvres et des malades. À ne pas confondre avec le physiologiste Claude Bernard, du XIXe siècle.
Ressources externes
Dates de protection, adresses et liste des parties protégées proviennent de la notice Mérimée du ministère de la Culture : notice PA00088407, plateforme ouverte du patrimoine (POP). C’est la source à consulter pour toute question de protection ou de statut du bâtiment.
Sophie Lefevre

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