La Guerre de 1870 : un vestige historique près de Paris
Un conflit oublié de l’histoire de France
L’Histoire de France est faite de grands moments, comme des couronnements ou des décisions majeures qui ont eu un impact considérable. Autant d’événements associés à des lieux plus que centenaires, dont on ressent encore la puissance aujourd’hui.
Mais l’Histoire de France, c’est aussi de nombreuses guerres, à toutes les époques. Beaucoup de lieux de mémoire sont implantés à travers tout le pays pour commémorer les nombreuses victimes de la Première et Deuxième Guerre mondiale.
Mais des vestiges d’une guerre plus ancienne subsistent également, dont un particulièrement imposant à seulement 30 minutes de Paris…
Un conflit qui a laissé de lourdes traces dans l’Histoire de Paris
Un peu plus de 40 ans avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, la France connaît déjà un conflit, souvent oublié, avec l’Allemagne. Si la Guerre de 1870, aussi appelée guerre franco-prussienne, n’a duré que dix mois avec six mois de combats effectifs, elle n’en demeure pas moins un chapitre important de l’histoire de France.
Née de la volonté de Bismarck d’unifier l’Allemagne autour de la Prusse, la France, qui craint d’être encerclée, déclare alors la guerre. Malgré un commandement mené par Napoléon III lui-même, l’armée française est beaucoup moins bien préparée que les forces prussiennes.
Après une succession de défaites, le coup de grâce est porté avec le siège de Paris, qui conduit notamment à un manque de vivres (eau et nourriture). Un événement qui conduira quelques mois plus tard à la Commune de Paris puis la paix, au prix de la perte par la France de l’Alsace et d’une grande partie de la Lorraine.
Si la IIIe République résulte de ce conflit qui a vu tomber près de 140 000 soldats, la France a surtout constaté à quel point le territoire n’était pas préparé pour une telle guerre.
Le système de fortification Séré de Rivières
À la suite de cette défaite, la mise en place du système Séré de Rivières est alors décidée, qui comprend notamment la construction de fortifications pour défendre Paris.
- 18 forts
- 5 redoutes
- 34 batteries
Entre 1874 et 1881, ces dispositifs sont mis en place pour renforcer la défense de la capitale.
Le fort de Haut-Buc
Remplaçant les fortifications bastionnées mises en place notamment par Vauban, ces forts polygonaux forment soit une ceinture fortifiée autour de certaines villes, soit un rideau défensif entre deux de ses places, soit des forts isolés.
Après le siège de 1870, il est évident que Paris nécessite une meilleure protection. La capitale se retrouve ainsi protégée par une vaste ceinture de 18 forts et 38 batteries. Le tout doit servir en cas d’invasion de “camp retranché”, voire de “réduit national”, pour protéger la capitale. Parmi ces nouveaux complexes se trouve le fort de Haut-Buc, situé dans la commune de Buc (Yvelines).
Celui-ci fait partie d’un ensemble composé de deux forts, avec le fort de Villeras situé à Saclay, et cinq ouvrages périphériques.
Au total le fort est prévu pour 56 pièces, réparties comme suit : 32 pièces de rempart, 10 pièces de flanquements, 10 mortiers et 4 pièces à tir indirect. Concernant les troupes, le fort était prévu pour 820 hommes et 9 chevaux.
Un héritage toujours présent aujourd’hui
Si le fort se trouvait à l’opposé de la zone menacée par l’avancée allemande pendant la Première Guerre mondiale, il fut toutefois endommagé en août 1944. Propriété de la société Thomson de 1979 à 1995, qui y développa des activités militaires, il fut fortement remanié durant cette période.
Si plusieurs projets de réhabilitation ont été étudiés comme un hôtel bioclimatique ou l’installation d’un complexe type école d’ingénieur, tous sont pour le moment restés lettre morte.
Fermée au public, cette propriété ministérielle fait toutefois le bonheur, en attendant un avenir plus clair, des passionnés d’urbex, bien que gendarmes et CRS utilisent encore le lieu pour des entraînements.
Cette activité devenue très populaire, consistant à explorer des bâtiments laissés à l’abandon, ne pouvait évidemment que trouver sa place dans un imposant fort militaire aux portes de Paris.
Lieu privilégié par les organisateurs de ce que l’on appelle les free parties, le fort du Haut-Buc contient également un gigantesque jardin, qui devient le théâtre parfait pour les pique-niques clandestins du dimanche.
Y accéder est évidemment aussi déconseillé que risqué : notamment à cause de l’immense grille de 5m de haut enroulée de fils barbelés…
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Image à la une : Fort du Haut-Buc © Benoman / Flickr
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